NOTICE
fut le grand plaisir de nos pères, et quand, par Idlre de cachet, Louis XIV le réunit à celui des successeurs dt Molière , il continua à jouer les pièces que le théâtre de ta rue Richelieu représente encore aujourd'hui.
Cette incontestable antiquité a peu touché les comédiens français, et c'est ci Molière qu'ils ont toujours préféré rattacher leurs quartiers de noblesse. Le grand roi, en constituant leur société, en la dotant d'une pension, en se réservant de décider d: V admission ou du rejet des comédiens qu'ils prétendraient s'adjoindre et en faisant d'eux ses Comédiens ordinaires, leur a donné, il est vrai, la durée, l'existence matérielle ; mais le grand poète leur a donné sa gloire et son nom, qui, aux temps difficiles, mieux que les contrats et Us règlements, ont protégé la Maison de Molière.
En effet, lorsque la tourmente révolutionnaire Veut abattue, c'est le nom de Molière, glorieux entre tous, qui la fît, en Van VIII, sortir de ses ruines et réintégrer dans ses droiis ; c'est encore le nom d Molière qui l'a sauvée en 1834, le jour, je m'en souviens, où Von fut tout près de la détruire. Cette faute et ce malheur furent évités : un ministre à qui la France a dû, plus tard, de bien autres obligations, M. Thicrs, arrêta les convoitises et se refusa opiniâtrement ci laisser dégénérer en entreprise commerciale une institution qui, fondée par Louis XIV, rétablie par le Premier Consul, s'appelait toujours la Maison de Molicre.