‹ L'impromptu de Versailles (volume 2)Chapitre 4 sur 134 · VI NOTICE · texte numérisé non relu

VI NOTICE

C'est ainsi que la Comédie-Française peut aujourd'hui, en célébrant l'anniversaire de ses deux cents ans de durée, témoigner sa reconnaissance au monarque qui l'a instituée, à l'État qui l'a protégée, aux grands écrivains qui lui ont donné la vie, et aux comédiens illustres dont elle a recueilli l'héritage et les exemples.

Le présent volume a pour but de fixer le souvenir de cette fête, que les comédiens promettent pour le 21 octobre 1880, et qui doit prendre place dans leurs annales. Puisse-t-elle, c'est former un vœu pour la perpétuité d'un théâtre sans pareil ci dont la France est justement frère, puisse-t-elle devenir une tradition pour les comédiens de l'avenir!

Les comédiens du passé ne songèrent pas ci l'établir, il y a cent ans. Ils venaient sept années auparavant de célébrer avec éclat le premier centenaire de Molière, et ils pensèrent que l'hommage solennel qu'ils avaient rendu à cette grande mémoire acquittait leur dette de reconnaissance envers le passé. Le nom de Molière, en effet, ne comprenait-il pas tout? umeiit-il pas les traditions les plus glorieuses de leur maison? N'est-ce pas lui qui l'avait illustrée de ses chefs-d'œuvre? N'est-ce pas à lui qu'ils devaient la protection du grand roi et de son successeur? N'est-ce pas lui qui, dans le thécitre qu'il dirigeait avec « cette honnesteté et cette manière engageante » que Lagrange a constatée, créa l'administration, établit la règle, institua le journal quotidien,

NOTICE. Vil

les registres, les pensions, et légiféra si bien toutes choses, qu'en altérant le dictum appliqué à tant d'illustrations de l'art et de la poésie, Ordre et Génie aurait pu devenir la devise du théâtre de Molière?

En réparant l'oubli du siècle dernier, le Théâtre- Français d'aujourd'hui n'a pas cru qu'un seul nom dût suffire pour symboliser sa fête. Ne s'adressant qu'au passé, il a cherché à satisfaire tous les goûts et toutes les convenances littéraires, et son administrateur actuel, M. Emile Perrin , s'est arrêté à l'idée d'une sorte de jubilé dramatique où, pendant plusieurs soirées , le public passerait en revue une série des chefs-d'œuvre de notre scène nationale. C'est patune soirée à laquelle seront conviées les notabilités de la littérature, des arts, de la politique et de la presse^ par une répétition générale de trois actes du Bourgeois Gentilhomme et de l'Impromptu de Versailles, remontés avec une recherche archaïque qui pourra donner l'illusion dupasse, qu'on inaugurera ces représentations.

Un document récemment mis au jour a fourni des clartés nouvelles sur la façon luxueuse dont le Bourgeois Gentilhomme fut représenté à Chambord, lors de son apparition '.

Quant à l'Impromptu de Versailles, ce sera, depuis la mort de Molière, sa troisième représentation ,

i. Ce document a été publié par M. Jules Claretie, dans le journal le Temps, numéro du 3i août 1880.

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