‹ L'impromptu de VersaillesChapitre 3 sur 39 · IV NOTICE · texte numérisé non relu

IV NOTICE

traits que Molière esquisse d'un trait rapide^ le flatteur, la prude, la coquette, le courtisan obséquieux, le marquis ridicule, le Koi et les rois ne sont pas oubliés : « Mon Dieu, Mademoiselle, les rois n'aiment rien tant qu'une prompte obéissance et ne se plaisent point à trouver des obstacles. Les choses ne sont bonnes que dans le temps qu'ils les souhaitent, et leur en vouloir reculer le divertissement est en ôtcr pour eux toute la grâce. Ils veulent des plaisirs qui ne se fassent pas attendre, et les moins préparés leur sont toujours les plus agréables... Il vaut mieux s'acquitter mal de ce qu'ils nous demandent que de ne s'en acquitter pas assez tôt^ et, si l'on a la honte de n'avoir pas bien réussi, on a toujours la gloire d'avoir obéi vite à leurs commandements. » La pièce / entière est écrite avec cette finesse de ton, où l'ironie 'J "^ délicate se glisse sous le respect, avec cette fluidité de diction qui donne à la prose comique de Molière V . l'harmonie la plus délicieuse.

^\ \ Et de quel art cette scène d'intérieur, qui pourrait

^ être si monotone, n'est-elle pas relevée! Par exemple,

la répétition commence; la pièce à l'étude est une

( sorte de réniiniscence de la Critique; on y retrouve

ï les mêmes belles dames affectées, les mêmes marquis

I extravagants, le même poète bilieux et jaloux. Cela est

charmant sans doute; cinq minutes de plus, et cela

traînerait en langueur. Tout ci coup, Madeleine Bé-

jard se lève, et, s'adressant à Molière : « Souffrez

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