‹ L'impromptu de VersaillesChapitre 4 sur 39 · I NOTICE V · texte numérisé non relu

I NOTICE V

V \ que j'interrompe un peu la répétition. Voulez-vous """"^-^ que je vous dise? Si j'avois été à votre place, j'aurois poussé les choses autrement. Tout le monde attend de vous une réponse vigoureuse. » Cette rentrée subite dans la réalité produit une impression saisissante • elle fait coup de théâtre, et nous assistons vraiment à une discussion de famille entre Molière et sa bellesaur.

Apres avoir savouré jusqu'aux moindres détails cette fantaisie exquise, on reconnaît une fois de plus qu'il n'y a pas de petits ouvrages, il n'y a que de petits auteurs. La moindre bagatelle d'un homme de génie se change en joyau précieux. L'Impromptu de Versailles est digne de l'auteur de l'École des Femmes, du Misantrope et de Tartuffe.

Les commentateurs, entre autres Voltaire, se sont accordés à blâmer Molière de la licence aristophanesque qu'il a prise de traduire Boursauli à la scène sous son vrai nom dédaigneusement écorché. Cependant Molière ne faisait que riposter. Si Voltaire \ avait lu ou connu la ZÉlinde du comédien De Villiers et le Portrait du Peintre, par Boursault, il n'aurait pu s'empêcher d'absoudre Molière et de réserver la sévérité de ses jugements pour les agresseurs du grand poète comique. Ces deux pièces ne sont, en effet, que des pciw^phlets dicdogués où la critique tient moins de place que la calomnie, les personnalités offensantes et les injures. On a dit et répété que

Page 1