‹ L'incesteChapitre 136 sur 212 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

feu!... Ces tortures sont intolérables... Est-ce que tu les tolères, toi ?. . .

— Hélas! il le faut bien!... Nous ne sommes pas seuls... A chaque instant on peut venir... M"*= Paule pourrait rentrer...

Julien était effrayé... Les yeux languissants et brûlants à la fois de Thystérique présidente, son sein gonflé, sa bouche frémissante, son haleine lascive, lui causaient d'étranges terreurs.

A cette heure-là Huguette était tentée de maudire sa fille, et de se maudire elle-même de n'avoir pas gardé l'entière liberté de ses passions inassouvies...

Ce n'était pas dans son salon qu'elle eût voulu recevoir son amant ! Et si Paule n'eût pas été l'i , elle se fût peu souciée des commérages de ses gens ..La crainte de son marine l'eût pas retenue...

Elle se contint pourtant et reprit un peu de calme.

— Cela ne peut plus durer ainsi, s'écria-t-elle tout à coup... J'en suis à me reprocher de t'avoir prié de venir! Eh bien, non! J'ai du moins la joie de te contempler, de t'admirer, de rester en extase devant celui que j'aime, que j'ai possédé hier, et qui esta moi pour la vie... car tu m'appartiens pour toujours, n'est-ce pas?

— Pourrais-tu en douter ? balbutia-t-il, non sans quelque embarras et en rougissant de honte.

— Pour toujours!... Dis-le moi encore î Répètele moi encore! Tu n'aimeras jamais que moi?... C'est bien vrai? Tu me le jures?... Si tu m'étais infidèle, vois-tu, Julien ; si tu venais à jeter un seul regard sur une autre femme ; si je remarquais en toi la moindre froideur... Oh! je te tuerais! Je t'assure que je te tuerais... Mais tu ne le feras pas...

Et avisant la fleur qu'il portait à sa boutonnière !

— Tiens! donne-moi cette rose... Il suffit que tu l'aies porté quelques instants pour qu'elle me devienne chère et précieuse... Je la porterai à mes lèvres quand tu ne seras pas là... J'aurai du moins quelque chose de toi...

Elle portait la main à sa boutonnière. Il frissonna, fit, malgré lui, un pas en arrière...

— Tu me refuses ? dit-elle avec surprise et en faisant un nouvel effort pour lui arracher la fleur.

— Non ! non ! dit-il vivement, avec une sorte d'épouvante... Ce n'est pas possible! Ce n'est pas possible ! Laissez-la moi...

— Laissez-la moi !... Pourquoi ce langage ?. . .

— Laisse-là moi ! voulais-je dire. Je 'ne puis pas te donner cette rose^..

— Tu ne peu?pas ? Raison de plus pour que je l'exige!... C'est donc une femme qui te l'as donnée ? Une rivale ? Tu m'appartiens depuis vingt-

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