‹ L'incesteChapitre 142 sur 212 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

moiselle ! dit la camériste, en lui rendant la lettre.

— Mais de quels obstacles parle-t-il, Marceline ?

— Je ne sais pas, moi ! Peut-être craint-il que vos parents n'aient d'autres projets sur vous ?...

— Tu as raison : je crois que maman ne l'aime pas. Elle m'a dit du mal de M. de Villerain; elle prétend que je lui suis indifîérente...

— Oh ! si on peut dire ! On voit bien que madame n'a pas vu M. le vicomte, cette nuit, se morfondre sous vos fenêtres ! On voit bien qu'elle n'a pas lu ce billet ! . . .

— Et il ne taut pas qu'elle le lise, entends-tu bien?... ni qu'elle puisse soupçonner qu'il m'a écrit !...

— Que mademoiselle se fie à moi ! Je suis plus jeune que mademoiselle, mais je devine bien des choses que...

Elle n'acheva pas...

— Que... voulais-tu dire ?

— Que je dois garder pour moi... Ce qui est sûr, c'est que M. Julien vous aime, c'est que vous l'aimez, c'est que vous êtes nés l'un pour l'autre, comme on dit, et que, si cela ne dépend que de moi, vous vous marierez 1

— Des obstacles ! murmurait M"^ Tournays toute pensive ; il y a des obstacles ! Ah ! mon Dieu,

daignez les écarter... Il me semble que Julien me devient plus cher encore, que je l'aime davantage! N'est-ce pas, Marceline, que le ciel ne voudra pas m'accabler de chagrin et qu'il me donnera pour mari le seul homme que...

— Ma bonne maîtresse, interrompit Marceline en secouant la tête, j'ignore si le bon Dieu se môle de ces choses-là. M'est avis qu'à votre place, je compterais d'abord sur moi-même, sur l'amour de M. le vicomte... et sur le dévouement de votre fidèle servante, qui ne vous fera pas défaut !

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