‹ L'incesteChapitre 145 sur 212 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

^tte jg Villerain avec une affectation d'assurance que démentaient son trouble et son agitation...

— Là, ben vrai ? fit-il d*un ton goguenard, vous ne vous rappelez pas de moi... ren en tout?... Bah ! vous m'avez dit la même chose la dernière fois... sans compter les autres... J'vas vous rafraîchir la mémoire... A propos! je me rafraîchirais ben aussi le gosier, par la même occasion... Y aurait-il pas moyen de me faire servir une petite goutte par votre larbin ?

La générale eut un geste indigné...

— Non! ça vous déplaît?... N'en parlons plus. C'est pas gênant... C'est égal... J'ai encore rien siroté aujourd'hui... J'voulais pas être paf pour me présenter ici... On sait vivre, madame la comtesse. Et tenez ! vous voyez ! on s'est requinqué, on s'est mis sur son trente et un... J'aurais pas voulu faire honte à une belle dame comme vous, ni escandaliser vos domestiques... J'ai ren liché en tout... Pas le plus petit verre de tord-boyaux! Pas le plus petit perroquet !

^me jg Villerain tremblait de colère et avait bien envie de faire jeter à la porte le malotru. Elle n'osait pas.

— Pour lorsse, vous ne vous souvenez pas, en tout, du jour ousque je vis — ah ! il y a bougrement longtemps de ça! — une jeune et jolie femme, en robe de soie, avec toutes sortes de falbalas,

ii'apper à la porte de cheux nous. — a Entrez, » quej'dis. — « C'est-t-y vous qu'êtes M. Boit-sanssoif 1 y> qu'elle me demande... Oh! j'étais bien pochard, ce jour-là... mais j'oublierai jamais ce que la belle dame...

— Plus bas! plus bas! Taisez-vous... Pas un mot de plus, interrompit vivement M°^^ de Villerain...

— Ah! la mémoire revient à madame la comtesse... Soit! Je me clos le bec... C'est pas gênant... Aussi ben, v'ia cinq ou six fois que je vous raconte cette histoire... Vous devez la savoir par cœur.

— Le misérable ! Ne réussirai-je donc pas à m'en délivrer? murmura la générale... Le verrai-je toujours surgir devant moi au moment où je m'y attends le moins?...

— Ne vous fâchez pas, ne vous fâchez pas, la petite mère! Ne craignez rien! je ne jaboterai pas!... N'ai- je pas promis d'être muet comme la tombe?... J'ai jamais manqué à ma parole, même dans mes soulographies les plus complètes...

— L'affreux ivrogne! balbutia la mère de Julien.

— Ivrogne, mais honnête, madame la comtesse!... Si j'bois un coup de trop, ça n'fait tort qu'à moi... et à ma pauv femme, pas vrai?... Que voulez-vous? L'homme n'est pas parfait. Tout un

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