‹ L'incesteChapitre 158 sur 212 · UN AUTRE PÈRE ET UN AUTRE FILS · texte numérisé non relu

UN AUTRE PÈRE ET UN AUTRE FILS

Tandis que ces événements se passent au boulevard Malesherbes, et que le madré paysan s'installe en maître bien plus qu'en concierge chez la malheureuse temme dont il possédait et dont il savait si bien exploiter les secrets; tandis que le général, qui, en dehors des questions d'argent où il était intraitable, subissait avec une docilité exemplaire le joug de sa femme, tandis que le général s'habitue très bien, dès le premier jour, à son nouveau portier et promet sa protection au jeune militaire dont le congé va expirer et qui est sur le point de retourner à son régiment, revenons à l'hôtel du boulevard Saint-Germain.

Julien de Villerain s'était à peine aperçu de la petite révolution qui s'était accomplie dans la domesticité de la maison paternelle où il ne faisait plus que de rares apparitions. Il ne s'était pas préoccupé d'apercevoir de nouveaux visages dans la loge : il avait bien autre chose en tête !

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Contrairement à ses habitudes, il découchait souvent, ou quand il rentrait par hasard, il se bornait à déjeuner le lendemain matin avec son père et sa mère. Il ne paraissait au dîner que lorsqu'on avait du monde, et surtout quand M., M""^ et M"^ Tournays étaient au nombre des invités.

La comtesse s'inquiétait bien un peu de cette vie irrégulière et désordonnée. C'était juste au moment où son fils allait se marier — elle le croyait, du moins, — qu'il se livrait à la vie de garçon la plus effrénée. Aussi, lui adressait-elle de vifs reproches.

Le vicomte se justifiait de son mieux et trouvait une foule de raisons pour excuser ses fugues inaccoutumées. Il avait du reste un défenseur et un allié dans le général, qui se sentait rajeunir en applaudissant aux frasques de son hérhier.

Il s'était plaint jusqu'alors qu'il était trop rangé. Soit pendant qu'il était à l'Ecole polytechnique, soit depuis sa sortie, Julien l'avait scandalisé par sa sagesse et par la régularité de son existence. Il ne reconnaissait plus son sang.

— Tu as l'air d'une petite fille, lui disait-il parfois d'un ton moqueur. Ah ! si tu m'avais vu à ton âge !... On croirait bien vraiment que je te laisse manquer d'argent ! Cela me mortifie. Si j'étais à ta place, les journaux parleraient de mes maîtresses, de mes chevaux, de mes dettes! En vérité, vicomte, tu ne me fais pas honneur.

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