‹ L'incesteChapitre 180 sur 212 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

. — H serait, ma foi, bien difficile...

— Et puis, je suis si pauvre!...

— Bah ! maman te dotera, ou bien je te doterai, moi, quand je serai vicomtesse de Villcniin. D'ailleurs, le sort ne vous a-t-il pas déjà fiancés l'un à l'autre, et dans les circonstances les plus solennelles ? Tu l'épouseras, te dis-je! J'entends qu'il devienne ton mari.

— Oh ! ma chère maîtresse, que vous êtes bonne! s'écria la rieuse enfant en sautant de joie.

Si Guillaume n'avait point reçu, sans une vive sensation de plaisir, la visite de la femme de chambre de M"*" Toumays, il n'avait pourtant rien trahi des sentiments secrets que lui avaient prêtés peut-être gratuitement les deux jeunes filles. Il s'était borné à lui parler de sa maîtresse, à manifester son bonheur de la savoir tout à fait remise de la terrible épreuve.

Marceline ne s'étonnait pas outre mesure de cette apparente indifférence. Il ne pouvait évidemment lui adresser une déclaration à brûle-pourpoint ; et puis il était encore bien mal ; sa mère, qui ne quittait pas son chevet, lui rappelait les ordres formels du médecin et lui défendait de se fatiguer. On avait prescrit un repos absolu...

Quand la soubrette lui apprit que les dames Tournays allaient venir le remercier, ses joues jusqu'alors livides se colorèrent soudain; un feu

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étrange brilla dans ses yeux. Il fut pris d'une sorte de tremblement.

— Ah! voilà la fièvre qui le reprend! dit la mère tout anxieuse.

— Non, répondit-il vivement, non, je n'ai pas la fièvre. Je me trouve bien, très bien... Il me semble que je suis déjà guéri, que ma blessure s'est fermée... Rassure-toi, je serai bientôt debout...

— Ne t'exalte donc pas ainsi ! Reste calme... Tu sais bien que le docteur l'exige...

— Oui, mère, je t'obéis ; je suis calme, très calme.

Ses traits, hélas! démentaient visiblement ses paroles. Il était en proie à une surexcitation singulière que la concierge attribuait à un nouvel accès fiévreux.

Dès que la présidente et sa fille pénétrèrent dans la chambre du malade, conduits par le comte, la comtesse et par Julien, Guillaume paraissait plongé dans une sorte d'extase... Il put à peine balbutier un mot de remerciement pour l'honneur qu'on daignait lui faire. Ses regards restaient obstinément fixés sur M^^^ Tournays et ne pouvaient s'en détacher.

— Monsieur, lui dit-elle d'une voix émue en lui tendant sa jolie petite main, je n'oublierai jamais que vous m'avez sauvé la vie au péril de la vôtre...

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