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LE MARIAGE

Marceline, sans raconter à sa jeune maîtresse tout ce qu'elle avait appris du sergent, lui avait fait part de ses doutes, de ses soupçons, et lui avait promis de l'édifier complètemeut sur les faits et gestes du vicomte, de découvrir la vérité, de savoir si Julien était sincère ou s'il trompait la pauvre enfant qui lui avait donné son cœur.

Paule avait bien souffert ! Elle eût donné toute son existence pour que M. de Villerain fût innocent, et si Faccusation fût sortie de toute autre bouche que de celle de sa fidèle et dévouée femme de chambre, elle l'eût repoussée avec indignation et avec mépris.

Elle eût juré sur son salut étemel — puisqu'elle croyait encore aux billevesées catholiques — que Julien l'aimait et n'avait jamais aimé qu'elle...

— Nous le saurons, chère maîtresse ! lui avait répondu Marceline. Laissez-moi faire. Je confondrai h calomnie, si M. le vicomte a été calomnié ; et

si, malheureusement, on a dit vrai, vous aurez le droit de le mépriser, de le haïr, de le maudire!

— Non! Marceline, je ne le maudirai pas ! Non, je ne le haïrai pas! Je sens bien que je n'aurai d'autre droit que celui de mourir ! . . .

Profitant de l'absence de M""^ la présidente, qui avait annoncé, en déjeunant, à sa fille, qu'elle avait plusieurs courses à faire, et chez sa modiste, et chez Worth, le grand couturier de la rue de la Paix, et qu'elle serait probablement absente toute l'aprèsmidi, la soubrette avait jugé l'occasion favorable pour mettre son plan à exécution...

Mais au moment où elle allait sortir dans l'intention de prendre une voiture, de s'installer presque en face de la maison suspecte dont Guillaume lui avait donné le numéro, de guetter le coupable présumé, de faire préalablement causer la concierge, de suivre toutes les femmes qu'elle verrait franchir la porte, Paule lui avait dit avec résolution :

— Tu n'iras pas seule, mon enfant!... Je t'accompagnerai !

— Oh non! mademoiselle! objecta la camériste... Restez!... Vous avez confiance en moi, n'est-ce pas ?... Songez donc ! Si madame venait à rentrer.

— Qu'importe ! N'est-ce pas mon bonheur , n'est-ce pas ma vie qui est en jeu?... J'irai, te dis-je!... Si Julien a une maîtresse, s'il m'a indi-

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