‹ L'incesteChapitre 201 sur 212 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

gnement trompée, je veux juger par moi-même de toute rétendue démon infortune... Je tiens à la voir de mes propres yeux, cette femme, à confondre le coupable, à expirer de désespoir à ses pieds ! . . .

Et elle éclata en sanglots.

Ce fut en vain que Marceline s'efforça de la calmer, de la rassurer; de lui certifier que son enquête justifierait pleinement M. le vicomte, de la détourner de son projet. M"* Tournays fut inébranlable...

Et voilà comment nous avons vu, à la fin du dernier chapitre, les deux jeunes filles sonner brusquement à la porte de l'entresol et pénétrer dans l'appartement.

.On devine, d'après la position qu'occupait la voiture de place au fond de laquelle elles étaient blotties, que la caisse du fiacre de M""*" Tournays ne leur avait pas permis de reconnaître la visiteuse. En relevant le coin du store leurs yeux n'avaient aperçu que deux choses : Julien regardant par la fenêtre, une femme pénétrant dans la maison.

N'en était-ce pas assez ? N'était-ce pas suffisamment clair ?

— C'est elle ! C'est cette misérable ! s'écria Paule... Viens, Marceline, viens!... Oh! Julien, Julien!...

— Non ! ne quittez pas la voiture, chère maîtresse! Je vais monter seule. Vous êtes trop trou-

blée... Vous allez vous trouver mal... Ne venez pas, je vous en conjure 1

— La colère me donnera de la force et du courage! Suivons-la, Marceline... Hâtons-nous.

Et d'un pas fiévreux, elles s'étaient engagées dans Tescalier et avalent sonné à l'entresol.

Le premier sentiment de M°^ Tournays, en les apercevant par la porte entre-bâillée du salon, avait été de s'enfuir dans la chambre à coucher, de se cacher dans quelque coin. Pour rien au monde elle n'eût voulu être surprise par sa fille dans l'appartement de son amant. Elle n'avait même pas la pensée de se demander comment, pourquoi, dans quel but Paule se trouvait là... Saisie de terreur, elle ne voyait que l'horreur de sa situation. Elle ne se sentait plus assez de vigueur pour quitter le salon ; elle était obligée de s'accouder à la porte pour ne pas tomber.

Si affolé que fût lui-même M. de Villerain, il eut pourtant assez de présence d'esprit, une fois passée la première minute de stupeur, pour murmurer d'une voix étranglée.

— Que venez- vous faire ici, Paule? Partez! Partez ! . . . Vous nous perdez ! . . .

M"*" Tournays, au lieu de répondre, le regardait avec des yeux pleins de larmes. Pauvre petite, elle avait envie de s'évanouir. Marceline répondit pour eUe:

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