‹ L'incesteChapitre 36 sur 212 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

n*obtiendra jamais de toi que ta main et ton argent ?

— Maurice, tu me connais bien mal!... Voyons! Veux-tu que je persiste à refuser, que je réconduise?...

— Non ! non ! interrompit-il avec anxiété en la pressant dans ses bras... Accepte! accepte! puisque c'est notre seule voie de salut!...

Elle avait accepté ! . . .

Quinze jours avant l'époque fixée pour la cérémonie, et à mesure qu'approchait l'heure fatale, les deux amants avaient senti faiblir leur résolution...

Plus ils envisageaient le présent et Tavenir, plus l'expédient leur semblait hasardeux! Ils ajournaient la difficulté, ils ne l'écartaient pas! Qu'allaient-ils faire? ajouter un obstacle à un obstacle, un danger à un danger ?

— Hélas! s'était écrié M. Dauviller; ne vois-tu pas que ce n'est qu'une complication de plus ? Que nous aurons deux ennemis de notre bonheur, au lieu d'un? Que nous en serons réduits demain au dénouement devant lequel nous reculons lâchechement aujourd'hui?

— Que veux-tu dire, cher Maurice? répondit Huguette. Je ne te comprends pas, ou plutôt j'ai peur de te trop bien comprendre !...

— Ce que je veux dire?... Je veux dire, répli-

qua-t-il avec exaltation, qu'au lieu de retarder une crise fatalement inévitable, il faut la précipiter !... Je veux dire, Huguette, que je te défends maintenant d'épouser cet homme.... Que tu es à moi, que tu m'appartiens, et que, même en apparence, tu n'appartiendras pas à un autre!... Ne vois-tu pas que nous sommes unis par des liens infâmes, peut-être, mais indissolubles!... Je ne connais qu'une femme au monde, c'est toi ! et tu ne dois avoir ici-bas qu'un mari... Je ne veux pas de cette comédie ! . . . Assez de dissimulations et de tromperies !... Ta mère est précisément absente jusqu'à demain... Fuyons, Huguette!... Fuyons... Fuyons ! . . .

Et ils étaient partis

André Tournays, fatigué d'attendre à l'hôtel convenu, n'avait qu'une seule ressource : c'était de courir à la gare d'Orléans.

Là, il apprit ce qui s'était passé... Si la catastrophe qu'on lui raconta ne lui expliquait point la cause du départ soudain de M '^ de Tagny et de son grand-père, elle lui révélait au moins l'endroit où il avait quelques chances de trouver M'"^ Dauviller.

Il se dirigea fiévreusement vers la Pitié.

En sa qualité d'ennemi du blessé, dont il n'était d'ailleurs le parent à aucun degré, et surtout à cette

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