CHAPITRE VII
M™* Dauviller, chez qui la haine de sa fille étouffait toute autre préoccupation, fut prise d'un hautle-corps :
— Brisons là, monsieur... Décidément, vous et elle, vous êtes dignes Tun de Tautre... Vous vous valez... Allez donc les rejoindre à Poitiers... Demandez-la à son grand-père... Je ne vous fais plus l'honneur de refuser mon consentement... et je ne vous reparlerai de ma vie!... La donner à un homme tel que vous, ce sera ma meilleure vengeance ; et ce sera son châtiment ! . . .
Lui tournant le dos avec colère et sans tenir compte de ses protestations, elle monta vivement dans la voiture qu'elle avait fait commander, tandis qu'André Tournays, tout confus, tout déconcerté, restait immobile, et se disait à lui-même avec terreur :
— Que vais-je devenir?... Repoussé par la demoiselle, méprisé par la mère, accablé par le grand-père d'un congé en bonne forme !... me voilà joH garçon!... Et moi qui comptais là-dessus pour payer mes dettes ! . . . Comment faire pour rembourser les six mille francs empruntés en vue de ce mariage?... Bah! tant pis !... Je tâcherai de trouver autre chose ! . . . Cela vaudra mieux que d'épouser une fille enceinte ! . . .
Et après une minute de réflexion :
— C'est égal, je vais profiter de mon voyage
8o l'inceste
pour tenter de nouvelles démarches à la chancellerie... Ce siège de substitut que j'ai vainement sollicité jusqu'ici, il me le faut absolument... Cela m'aidera à trouver une femme et une dot !
Mais au moment où il quittait la Pitié, il fit un geste de surprise et faillit jeter un cri, en apercevant et en reconnaissant un vieux monsieur qui en sortait également.
— Le grand-père! s'écria-t-il avec ahurissement.