‹ L'incesteChapitre 84 sur 212 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

le reconnaître, il vit M. Dupuys pâlir, se troubler, et murmurer avec inquiétude ;

— Mon ami, pas un mot de plus à cet égard ! Gardez-vous d'en parler jamais à Huguette, soit avant, soit après le mariage !

— Pardonnez -moi, monsieur... J'obéissais à un sentiment que vous approuverez, j'en suis sûr.

Et il se dit à part lui :

— Cest que le petit est mort... ou bien qu'on l'a mis aux Enfants-Trouvés. Dans l'un et l'autre cas, me voilà dégagé de mon serment !

Les fiancés et le grand-père allèrent s'installer à Tours. Les bans furent publiés, et, à l'expiration du délai, le mariage fut célébré sans éclat, sans autres assistants que les quatre témoins réglementaires.

Huguette portait la robe blanche et la fleur d'oranger traditionnelles avec autant de fierté que la vierge la plus immaculée. Jamais elle n'avait paru plus belle ! Elle était triomphante !

Cependant, M'"'^ Dauviller avait envoyé à l'hôtel de ville une femme de chambre dévouée, qui était au courant du drame de l'année précédente, pour lui raconter les détails de la cérémonie nuptiale... Elle fut prise d'un accès de rage en apprenant que la mariée portait une robe blanche, et qu'il n'avait été question, dans l'acte de mariage, d'aucune reconnaissance, d'aucune légitimation d'enfant!

— Les misérables! s'écria-t-elle. Ils se sont joués de moi!

Tandis que les jeunes époux partaient le jour même pour leur voyage de noces et comptaient passer en Italie la fin des vacances judiciaires, M. Dupuys se rendait à Chartres, chez la brave nourrice qui devait rester à jamais l'unique mère de Maxime-René.

— Enfin ! se disait-il avec soulagement, je pourrai donc embrasser le pauvre abandonné!

Au moment de la séparation et dès que le substitut et sa femme se furent installés dans le wagon, André se murmura à lui-même en voyant les gestes d'adieu que leur adressait le vieillard :

— J'espère bien maintenant que ce bonhomme ne vivra pas trop longtemps !

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