‹ L'Incident HohenzollernChapitre 100 sur 159 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

Id., ibid., p

c'est d'être toujours prêt ; quant à me mêler de la paix ou de la guerre, cela ne me regarde pas. » Il avait la haine de la Prusse.. . . Il lui arriva même un jour, lorsque nos relations devinrent plus confiantes, de me dire : « Ne vous montrez donc pas trop pacifique 4. »

Quoi qu'il en soit, une conférence militaire a lieu le 19 mai entre l'Empereur, Le Bœuf, les généraux Frossard et Jarras. Lebrun fut envoyé à Vienne, il rendit compte de sa mission à l'Empereur, et plus que probablement à Le Bœuf. Ollivier fut mis au courant en 1875. Il n'y a qu'une interprétation possible de son récit. L'Empereur continuait à négocier en dehors de ses ministres, sauf de ceux qu'il avait choisis luimême, et de ses ambassadeurs. Des projets de conventions militaires étaient dissimulés aux uns et de conventions diplomatiques aux autres.

Lorsqu'au mois de mai 1870, M. de Gramont, ambassadeur à Vienne, est appelé à Paris pour remplacer Daru aux Affaires étrangères, Beust qui se méfiait avec raison des indécisions de Napoléon III et qui aurait mieux aimé traiter avec un gouvernement responsable qu'avec un souverain de volonté vacillante, exprime le désir de mettre le nouveau ministre français au courant du projet de traité à trois qui avait été négocié entre François-Joseph, Victor- Emmanuel et Napoléon III. Depuis près de neuf ans, Gramont représentait Napoléon III à Vienne ; depuis près d'un an il se rencontrait chaque jour avec Beust et il y a des secrets diplomatiques dont il a été exclu 2. A Paris, Napoléon III confirme les

Page 1