‹ L'Incident HohenzollernChapitre 99 sur 159 · E?npire libéral, XIII, p · texte numérisé non relu

E?npire libéral, XIII, p

SALOMON il

discutèrent minutieusement le meilleur plan d'opérations à adopter au cas d'une guerre avec la Prusse.... L'Empereur communiqua au général Lebrun les observations du prince, mais nous n'en connûmes rien et ne vîmes dans son voyage, comme le public lui-même, qu'une nouvelle assurance de l'amitié autrichienne ' . »

Si ces détails sont exacts, et rien ne permet d'en douter, nous voyons que l'Empereur fait confidence des secrets d'État aux serviteurs du premier degré, les ministres n'y sont pas initiés.

Il faut relever et savourer le récit embarrassé d'un incident qui souligne et confirme cet état de choses. « Une démarche de l'Empereur, faite en dehors de nous dans le mois de juin, pourrait seule, mal connue et mal interprétée, donner lieu de croire qu'à l'abri des déclarations pacifiques de son ministère, il préparait sous main une offensive belliqueuse. Un mois environ après le départ de l'archiduc Albert, il appela Le Bœuf et lui dit qu'il venait de recevoir de ce prince

une lettre embarrassante Il demandait d'envoyer

à Vienne un officier de confiance chargé d'arrêter les détails d'une coopération militaire de la France et de l'Autriche. Le Bœuf observa que cette démarche serait bien grave, et ressemblerait à une entente en vue de la guerre, qui contredisait la politique du cabinet2. »

Ces réserves de Le Bœuf paraissent d'autant plus invraisemblables que M. Ollivier lui a fait tenir ailleurs un langage très différent. « Ma seule politique, a-t-il dit, lors de la constitution du ministère du 2 janvier,

Page 1