‹ L'Incident HohenzollernChapitre 102 sur 159 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

n'était garanti que par un sénatus-consulte, son existence n'aurait pas la même solidité que s'il était consacré par un verdict populaire solennel. » C'est l'étonnement de M. Ollivier qui est surprenant; la méfiance des partisans du régime parlementaire s'explique très bien, ils ne se convertissent pas à la doctrine plébiscitaire ; mais à un prince et à un régime qui s'en réclament ils réclament un plébiscite comme garantie des concessions promises.

Leur pensée intime se traduit dans un ultimatum que Buffet remet, le 7 avril, à M. Ollivier et le prie de transmettre à l'Empereur. « Le présent plébiscite ne sera pas soumis aux Chambres. L'Empereur conservera le droit d'appel au peuple, mais aucun changement à la Constitution ne pourra être opéré sans le consentement préalable des deux Chambres. »

La rédaction de Buffet était la logique même : rallié à l'Empire libéral par amour de la paix publique, il acceptait le plébiscite mais avec des garanties qui réservaient les droits du Parlement. L'Empereur n'accepte pas l'ultimatum et Buffet donne sa démission le 9 avril. Deux jours après, il est suivi dans sa retraite par Daru, « le promoteur principal de ce plébiscite

qui produisait tant de fracas Les orléanistes, les

légitimistes, les cléricaux, acharnés à la ruine de l'Empire, au milieu desquels il vivait, lui en firent un devoir, et le menacèrent de ne plus mettre le pied dans son salon s'il ne s'exécutait1.» Voilà M. Daru transformé presque en traître de mélodrame et M. Ollivier triomphe de sa contradiction. Contradic-

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