Empire libéral, p
l'adhésion de la très grande majorité du Corps législatif au plébiscite.
Ce plébiscite fut un triomphe.
Il ne résolvait pas toutes les difficultés. M. Ollivier s'aperçut bientôt que, malgré les 7.336.434 oui donnés à l'Empire, son autorité personnelle n'était pas accrue.
« Chaque jour, écrit-il, je comprenais mieux les inconvénients d'un arrangement qui me donnait les responsabilités et le fardeau d'un premier ministre, sans que j'en eusse l'autorité. Mes excellents collègues le pensaient comme moi et ils avaient décidé de faire une démarche auprès de l'Empereur, afin que, sans renoncer à son titre de président du Conseil, il me conférât celui de vice-président ' . » La démarche ne fut jamais faite et l'on a vu ce que l'excellent collègue Gramont était capable de dissimuler à M. Ollivier. Quand l'auteur de Y Empire libéral serre les choses de près, il se rend bien compte de ce qui a manqué à son gouvernement pour être un gouvernement parlementaire et à lui-même pour en être le chef. Au Sénat même on l'avait compris. La Commission qui examina le projet de sénatus-consulte déposé par M. Ollivier et qui délibérait sous la présidence de M. Rouher, discuta l'article 19, relatif à la responsabilité des ministres, dans ses séances du 4 et du o avril 1870. Le rapporteur, M. Devienne, nous apprend qu'il souleva de vives controverses. Sans être satisfaisant, le texte élaboré sous les yeux de M. Rouher vaut mieux que celui de M. Ollivier 2.
Mais pour M. Ollivier le vote du 8 mai emporte tout.