CHAPITRE V
M. Ollivier justifie l'empereur Napoléon III de s'être « opposé à la candidature Hohenzollern , à tous risques, parce qu'une opinion publique à peu près unanime l'y a contraint1 ». Il estime au contraire que les ministres doivent se placer au-dessus de l'opinion et la briser au besoin. Telle est sa théorie ; en fait, il accumule les titres et citations de journaux d'opinions différentes, dont les rédacteurs eurent le tort de jeter feu et flammes, dès que l'on connut à Paris la candidature du prince Léopold de Hohenzollern.
Quant à M. de Gramont qui, en 1872, « sans refuser de tenir compte de l'opinion publique dans une juste mesure, en connaît trop les fluctuations2 » pour ne pas s'élever au dessus, il a, en 1870, peur d'être devancé ou débordé par elle ; il ne pense qu'à satisfaire à la fois, la Cour, le Corps législatif et la Ville. S'il