‹ L'Incident HohenzollernChapitre 108 sur 159 · La France et la Pi-usse, préface, p · texte numérisé non relu

La France et la Pi-usse, préface, p

est resté talon rouge et homme du bel air, il est par moment démagogue.

On a reproché aux ministres d'avoir excité la presse ; M. Ollivier, qui a réponse à tout, parce que l'auteur de l'Empire libéral a oublié certains propos inquiétants tenus 'en juillet 1870 par le garde des Sceaux au prince de Metternich \ affirme qu'ils n'avaient aucune action sur elle. Est-ce bien certain? Si les ministres avaient été d'accord entre eux et avec le souverain, quelqu'un d'entre eux ou le maître luimême aurait trouvé le moyen de calmer les journaux dévoués à l'Empire et de donner le mot d'ordre, comme M. Ollivier faisait au Constitutionnel.

Aujourd'hui même où la presse jouit d'une liberté absolue, on ne s'imagine pas que les journaux de Paris traduisent toujours exactement l'état d'âme de la France, on sait très bien comment l'on produit ce que l'on appelle un jour un grand courant d'opinion et qui fait place quelques semaines plus tard à un courant contraire. Comment admettre d'ailleurs que les journaux impérialistes soient les fidèles interprètes de la population parisienne, lorsque les électeurs de Paris ont envoyé l'année précédente au Corps législatif les députés d'opposition, qui sont encore, en juillet 1870, les adversaires de M. Ollivier et de M. de Gramont? M. Ollivier n'avait pas encore eu le temps de modifier les mœurs comme il en avait la volonté, et c'est dans les journaux de l'opposition modérée qu'il eût convenu de chercher les véritables manifestations de l'opinion publique.

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