Fester, 35, 7 mars
rogea M. de Thile, sous-secrétaire aux Affaires étrangères. M. de Thile affirma que rien ne pouvait autoriser pareils soupçons et il engagea même sa parole d'honneur (dépêche du 31 mars). A son retour de Paris, où il avait porté ses préoccupations, M. Benedetti interrogea Bismarck qui ne déclina pas la conversation. Sans l'engager à fond comme Thile, il insista surtout sur les inconvénients d'une souveraineté qui ne saurait être qu'éphémère ; c'était ce qui avait frappé le roi et le prince Antoine. L'ambassadeur eut l'impression que le chancelier ne livrait peut être pas toute sa pensée. Il ne crut pas devoir le pousser et rendit compte à Rouher, qui, étant ministre d'État, faisait aussi l'intérim des Affaires étrangères pendant une absence de La Valette, et qui approuva pleinement son attitude (15 mai).
On a reproché à Benedetti d'avoir laissé voir ses préoccupations à Bismarck au printemps de 1869 et de lui avoir montré involontairement le parti que la Prusse en pouvait tirer l. Il était dans son rôle d'ambassadeur vigilant, il avait l'aveu des hommes qui dirigeaient alors la politique étrangère de la France et qui ne lui ont pas fait plus de mal que ceux qui l'ont dirigée en juillet 1870.
Quoi qu'il en soit, les Espagnols cherchaient toujours un Roi. Au mois de septembre, Prim était en France et passait une heure à Saint-Cloud, auprès de