Id., ibid., 2, p
Au conseil, personne n'en parla ; dans la coulisse quelques ministres y pensèrent sans doute, comme M. Ollivier avait fait lui-même, et lui-même sentait bien que, s'il parlait de se retirer, certaines personnes seraient trop heureuses de le prendre au mot et de substituer au sien un autre ministère.
Darimon affirme qu'il a un jour demandé au duc de Gramont, dans le salon de M. Ollivier, alors que le maître de la maison allait recevoir dans son cabinet un autre visiteur :
« Est-il vrai qu'il y avait une combinaison basée sur l'élimination d'Ollivier ?
« — C'est très exact, me répondit le duc ; il y avait deux ministres en présence, et j'étais des deux combinaisons. » Et plus tard, M. Ollivier, mis au courant par Darimon, se serait écrié : « M. de Gramont ! C'était un homme bien léger ! »
Autant de témoignages que M. Ollivier repousserait du pied comme venant de Darimon.
Pourrait-il contester l'exactitude de cette note du Constitutionnel, le journal officieux?
« On fait circuler plusieurs nouvelles inexactes. Il n'est nullement vrai qu'un dissentiment existe entre M. Emile Ollivier et M. le duc de Gramont ; il n'est pas plus exact que M. Emile Ollivier ait offert sa démission.
« Le ministère est uni comme au premier jour, avec la Chambre et le pays dans le but de sauvegarder la paix de l'Europe, sans sacrifier l'honneur et les intérêts de la France1. *