Empire libéral, XIII, vm, 14, p
« Le 12 juillet, pendant le Conseil, un chambellan entre, dit quelques mots à voix basse à l'Empereur, qui aussitôt se lève et sort. . . Il rentre quelque temps après... Il était allé recevoir Olozaga, qui, n'ayant pu lui apporter à Saint-Cloud pendant la nuit le télégramme chiffré de Strat, avait instamment demandé à le voir tout de suite, malgré les usages, afin de faire cette communication urgente1. Olozaga demande à l'Empereur de tenir sa communication confidentielle jusqu'à l'arrivée des télégrammes qui lui étaient annoncés, et Napoléon III continue à se cacher devant ses ministres de cette « négociation occulte ». Le résultat est que les ministres interpréteront la nouvelle, chacun suivant ses inclinations, lorsqu'elle sera rendue publique. C'est M. Olozaga qui raconte toute l'histoire à M. Ollivier dans la soirée du 12 2, à l'heure où Napoléon III, qui avait fait un effort heureux, à l'insu de ses ministres, pour sauver la situation, en faisait ou en laissait faire un si désastreux, en se cachant de son garde des sceaux, pour déchaîner la guerre.
C'est là une cachotterie parmi tant d'autres cachotteries de Napoléon III. Le 9 juillet il écrivait à M. de Gramont qu'il ne jugeait ni utile ni digne de sa part d'écrire aux princes de Hohenzollern et faisait défendre à Benedetti de les aller trouver. Mais le 9 juillet Léopold II, roi des Belges, écrivait au prince Léopold : « Je viens de recevoir un message direct et très secret de l'empereur Napoléon, qui me prie de m'adresser à vous pour vous dire qu'au point où en