Empire libéral, XIV, m
2. Darimon, Notes pour servir à l'histoire de la guerre de 1870, IV, Paris, Ollendorff, 1888.
et l'emporta. « Ce n'est, écrit l'informateur de ï Indépendance Belge, qu'après la volonté nettement, fermement exprimée par le souverain, faisant prévoir qu'il ne changerait pas d'avis, que les ministres eurent la faiblesse d'adhérer par déférence à la déclaration. »
Au fond Napoléon III est si désireux de supprimer les causes du conflit qu'il donne l'ordre au secrétaire d'ambassade Bartholdi, envoyé à Paris par M. Mercier de Lostende, de repartir pour Madrid et de faire en son nom une démarche auprès de Serrano pour que le régent obtienne du prince Antoine le retrait de la candidature de son fils. Et comme Bartholdi demande si l'ambassadeur ne serait pas plus qualifié pour discuter avec le régent : « Allez vous-même chez Serrano, comme venant spécialement de ma part, ordonne Napoléon III, cela fera plus d'effet. Insistez, dites au Maréchal que je fais appel à ses sentiments d'amitié pour moi1. » Il est bien difficile de revenir sur des démarches de ce genre, de renier des lettres comme celles dont l'existence nous est prouvée par des témoignages authentiques. On est en droit d'en inférer que si Napoléon III avait rencontré chez tous sesministres, chez les principaux, la même volonté de paix que chez les excellentes gens qui osaient élever la voix, au risque de déplaire, il aurait peut-être eu honte de ses propres hésitations et n'aurait pas oscillé, aux heures critiques, entre deux attitudes contradictoires.
Lorsqu'il apprend le 12 par M. Olozaga la renonciation du prince Antoine, il se hâte d'annoncer la