Empire libéral, XIV, ni, 7, p
bonne nouvelle au ministre d'Italie, M. Nigra, et l'appelle aux Tuileries tout exprès pour lui en faire part. M. Ollivier ne peut pas se tromper sur les sentiments intimes de son maître, puisque c'est lui même qui, s'étant croisé avec le diplomate italien, a pris note de la rencontre et ne manque pas de la signaler * . « Oui, c'est la paix, dit l'Empereur à Nigra, et je vous ai fait venir pour que vous télégraphiiez à votre gouvernement. Le roi Victor-Emmanuel peut partir tranquillement pour la chasse3. »
L'auteur des Souvenirs du général duBarail 3 qui est très dévoué à Napoléon III, écrit : « L'Empereur ne voulait pas la guerre. L'Empereur ne pouvait pas la vouloir. L'Empereur connaissait mieux que personne les formidables armements de l'Allemagne et l'infériorité militaire de la France » (Tome III, p. 142). Il rappelle qu'au 4 septembre, en entrant aux Tuileries, on trouva encore sur le bureau du souverain les fameux rapports du colonel Stoffel qui énuméraient toutes les forces de l'Allemagne. L'Empereur était informé, et le soldat de valeur qui ne traite pas, comme M. Emile Ollivier, l'attaché militaire de France à Berlin « d'auxiliaire le plus précieux de Bismarck* » pense que Napoléon III puisait dans les rapports de Stoffel des raisons de s'attacher à la paix.
Dans le privé, il n'a jamais varié. Causant à Saint- Cloud avec son aide de camp, le général Bourbaki, qui s'échauffait volontiers et devançait les événe-