‹ L'Incident HohenzollernChapitre 121 sur 159 · Empire libéral, XII, p · texte numérisé non relu

Empire libéral, XII, p

ments, il lui demandait des nouvelles de la générale : Bourbaki répondit que sa femme était à Paris pour préparer ses équipages de guerre, puisqu'il ne pouvait le faire lui-même à cause de son service au Palais. — Pourquoi vos équipages de guerre? lui dit l'Empereur. Il n'y a pas de guerre. Le désistement du prince de Hohenzollern enlève tout prétexte.

Et continuant sur ce thème-là, il fit au général cette comparaison : — Figurez-vous qu'un beau jour une île surgisse des profondeurs de l'Océan dans la Manche : l'Angleterre et la France en revendiquent la possession. Toutes deux arment pour appuyer leur droit. Puis, un beau matin, l'île redescend au fond de la mer. Il n'y a plus de guerre possible. Eh bien, la candidature du prince de Hohenzollern a été cette île. Plus d'île, plus de guerre, plus de candidature, plus de guerre1.

S'il est vrai qu'après cela le général Bourbaki décroche son épée, l'étend sur le billard et dit : « s'il en est ainsi, désormais je refuse de servir2 », c'est qu'il a la mémoire bien courte. En tout cas, il est bien fâcheux que son maître ne Tait pas entendu et ne lui ait pas infligé, pour l'exemple, quelques jours 'd'arrêt de rigueur.

Un témoin sincère des événements, qui fut aussi un serviteur dévoué de l'Empire, un des échauffés de 1870 et qui ne renia jamais ses dieux, Dugué de la Fauconnerie, écrit3 : « La vérité est que si un homme échappa à l'affolement général et assista,

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