Id., ibid., p
timité du souverain, n'avait que de vagues soupçons que pouvait avoir provoqués chez lui l'attitude de Napoléon III pendant les séances du Conseil. « Sous la menace du conflit avec la Prusse, Emile Ollivier avait couru chez le maréchal Le Bœuf et l'avait interrogé sur l'état physique de celui qui devait commander les batailles. Le Maréchal répondit qu'il avait lui-même interrogé l'Impératrice et qu'elle l'avait tout à fait rassuré en lui affirmant que l'Empereur n'était affligé que de légers rhumatismes dont il ne souffrait nullement pendant les chaleurs. Elle ne parla point de la consultation récente des docteurs Sée et Nélaton qui avaient conclu que l'Empereur avait la pierre, c'est-àdire était hors d'état d'aller à l'armée (. »
Dans le XIIIe volume de YEmpire libéral2, M. Ollivier, qui a interrogé les témoins et pris connaissance des documents publiés, nous dit qu'on était très préoccupé à Saint-Cloud de la santé de l'Empereur.
« Depuis quelque temps ses accidents habituels se reproduisaient avec fréquence. Il disait à Franceschini Pietri : « Je me sens là comme un paquet de pointes d'aiguilles qui m'enlève toutes mes forces. » En public, grâce à un effort inouï de volonté, il se tenait debout et restait encore imposant. Ne sentait-il plus un regard scrutateur posé sur lui, il s'affaissait et faisait parfois pitié à contempler. »
Darimon, qui avait demandé et obtenu une audience, fut frappé de l'altération de ses traits et de la difficulté qu'il éprouvait à se mouvoir; il avait une peine infinie à conserver la station droite, et il se mordait
1. Revue de Genève, n° 9, mars 1921, article de Mme Emile Ollivier.