‹ L'Incident HohenzollernChapitre 127 sur 159 · Germain Bapst, tome IV, pp · texte numérisé non relu

Germain Bapst, tome IV, pp

suis obligé d'avouer, soupire-t-il, que mon âge et mes infirmités me défendent une pareille ambition. »

Alors l'Empereur, lui prenant les mains, s'écria : « C'est comme moi, mon cher maréchal, moi aussi je suis bien vieux pour une pareille campagne, et je ne suis pas valide du tout. Puis son visage devint triste. Il paraissait comme accablé sous le poids d'une préoccupation si sombre que le maréchal en fut profondément frappé1. » Ainsi les témoins de la vie de l'Empereur, les maréchaux qui obtiennent facilement d'être admis auprès de lui, les simples visiteurs qui sont convoqués à son audience sont frappés de son air de souffrance ou d'accablement, du changement qui s'est produit dans sa démarche; on sait très bien par le nom des spécialistes qui sont appelés fréquemment auprès de lui de quel genre de maladie organique il peut être atteint, et l'on sait aussi que plus que d'autres les affections de cette sorte influent sur le moral et sur l'intelligence du malade.

Les étrangers qui ne l'avaient pas vu depuis quelques années étaient frappés du changement qui s'était fait en lui. Lord Malmesbury, ancien ambassadeur à Paris, est invité à dîner aux Tuileries le 19 mai 1870. « Je trouvai Napoléon III très changé depuis trois ans que je ne l'avais vu... J'ai emporté une pénible impression de cette visite à l'Empereur qui m'a paru prématurément vieilli et affaibli2. »

Le témoignage de lord Malmesbury est celui d'un

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