‹ L'Incident HohenzollernChapitre 137 sur 159 · Cf. Empire libéral, XIV, vm, 4, p · texte numérisé non relu

Cf. Empire libéral, XIV, vm, 4, p

mutuellement tous les éléments d'information pour se prononcer en connaissance de cause, et, une fois les résolutions arrêtées, s'y tenir.

Tandis que M. de Gramont travaillait dans son cabinet, et ne communiquait à son collègue que les télégrammes et les rapports qu'il voulait bien lui montrer, et à son heure, M. Ollivier parlait au conseil, discutait avec feu, entraînait les convictions, pouvait même penser qu'il les modifiait, remportait des succès oratoires, comme il a fait dans le privé jusqu'à sa dernière heure, faisait couler des larmes le long des joues de l'Empereur*.

C'est ainsi que M. Ollivier, après le grand conseil de l'après-midi du 14 où il a enthousiasmé ses collègues et fait décider l'appel au Congrès européen, est chargé d'achever la Déclaration dont il a esquissé les grandes lignes dans le cabinet de l'Empereur. Il n'a plus qu'à continuer, et, s'il rencontre des contradicteurs quand il présentera le texte définitif, à leur rappeler la décision prise. Pas du tout.

Il ne pense qu'à l'interprétation que le public en pourrait faire, et il essaie l'effet de sa rédaction sur un public restreint, qui l'aime, qui l'admire, et qui, lisant les journaux à la place du chef de famille qui ne les lit pas, escompte déjà le Premier-Paris du lendemain :

« A mon retour à la Chancellerie, je réunis ma famille et mes secrétaires, et donnai lecture de la Déclaration arrêtée. Mes frères, ma femme, mon secrétaire général Philis, tous, jusque-là partisans de la paix, éclatèrent en exclamations indignées2. »

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