‹ L'Incident HohenzollernChapitre 139 sur 159 · Empire libéral, XIV, vn, H, p · texte numérisé non relu

Empire libéral, XIV, vn, H, p

M. Ollivier qui savait si bien l'histoire ancienne et l'histoire moderne, qui connait les textes des orateurs et des poètes de tous les temps et de tous les pays, ne s'est-il pas rappelé le fameux « Frappe, mais écoute » qui a fait réfléchir un contradicteur plus énergique que Napoléon III et un peuple plus averti que les habitués du Café de la Paix, et les abonnés de l'Opéra ? M. Ollivier ne s'est même pas douté que M. de Gramont l'avait joué une fois de plus. C'est lui qui ne voulait pas du Congrès ; il préférait la guerre, et il avait fait plier Napoléon III le 14, comme il l'avait fait le 12 *.

Tout allait à vau l'eau. M. Maurice Richard avait obtenu directement de l'Empereur l'autorisation de chanter la Marseillaise. « Le conseil qui n'avait pas été consulté n'en fut pas satisfait. On me pressa beaucoup, dit M. Ollivier, d'aller à l'Opéra entendre le chant national et juger moi-même des acclamations qu'il soulevait. » Il s'y refusa12. Décision sage ! Il était inutile d'aller entendre un chant national à la veille d'une guerre qui était tout au plus une guerre dynastique ! Il eût été plus sage de s'opposer aux décisions irréparables. Mais le moyen, quand des amis du premier degré comme M. Maurice Richard prennent le con trépied de vos désirs, quand on a le sentiment qu'on est aban-

1. Archives de Vienne. Lettre particulière de Metternich du 31 juillet. Metternich s'est expliqué avec M. de Gramont sur la promesse d'appel à l'Europe dont Napoléon UI lui avait parlé le 14 et dont il n'y a pas trace dans la déclaration ministérielle du 15. C'est moi, dit M. de Gramont, qui me suis opposé à l'idée du Congrès... Lorsque l'Empereur a vu que je donnerais plutôt ma démission que d'en accepter la pensée, il a cédé.

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