‹ L'Incident HohenzollernChapitre 140 sur 159 · Empire libéral, XIV, vu, p · texte numérisé non relu

Empire libéral, XIV, vu, p

donné par son Empereur, qu'on tous communique tardivement les dépêches essentielles, qu'on tous en dissimule peut-être d'autres, qu'on prend à votre insu les déterminations les plus graves pour vous mettre en présence du fait accompli? Il y en a qui s'en iraient; M. Ollivier reste par un désintéressement plus généreux que profitable à son pays, il se paie de mots, il met son éloquence au service des pires erreurs.

Quand, le 45 juillet, des députés moins confiants et plus difficiles à satisfaire que lui réclament avec insistance la communication des textes sur lesquels on s'appuie pour prendre des mesures de guerre, il s'emporte, il s'écrie : « La dépêche 1 la dépêche prussienne ! Donnez-nous la dépêche prussienne pour prouver que vous avez été insultés. Qui vous a parlé d'une dépêche prussienne? Quand donc, pour établir qu'un affront a été fait à la France, avonsnous invoqué des protocoles de chancellerie ? des dépêches plus ou moins mystérieuses ?... Que nous importent les protocoles de chancellerie... les dépêches sur lesquelles on peut discuter ? » La majorité frémit, trépigne. Le compte rendu analytique souligne : Vive approbation et applaudissements sur un grand nombre de bancs. L'orateur s'exalte : « Vous me parlez de dépêches. Je vous parle d'un acte connu de l'Europe entière. Seulement, lorsqu'on est au moment de prendre une de ces décisions qui font trembler la conscience, on a besoin de lumière, de lumière, de beaucoup de lumière. L'évidence n'est jamais assez évidente. Nous l'avons éprouvé '. »

Page 1