‹ L'Incident HohenzollernChapitre 14 sur 159 · Fester · texte numérisé non relu

Fester

salomon 3

Le 23 juin, le prince Léopold de Hohenzollern annonçait au maréchal Prim qu'il acceptait la candidature. Les Gortès n'avaient plus qu'à l'élire. Les destins étaient accomplis !

Cependant, un accident, fâcheux pour les organisateurs qui avaient si bien gardé le secret officiel, vint contrarier l'exécution du plan et empêcher le maréchal Prim d'enlever le vote des Cortès. C'est le major Versen, un des auteurs de la combinaison Hohen- .zollern, qui avait écrit, probablement chiffré et remis au bureau télégraphique, le télégramme de Salazar : Arriverai le 26. A Madrid on lut : Arriverai le 9. On ne pouvait pas retenir trois semaines de plus les députés à Madrid par une chaleur torride. Le président Zorilla prononça l'ajournement de l'Assemblée, quitte à la convoquer de nouveau en session extraor-' dinaire, et Prim partit pour les monts de Tolède.

Le retour de Salazar précipita les événements. Députés, ministres, journalistes parlèrent. Zorilla fit des confidences à son ami Ignacio Escobar, directeur du journal la Epoca, qui mit la nouvelle en circulation. A son retour à Madrid, le 1er juillet au soir, Prim fut reçu à la gare par des amis qui le félicitèrent d'avoir trouvé un roi. Prim fronce les sourcils, froisse son gant et s'écrie: Peine perdue, candidature perdue, et Dieu veuille que ce soit tout! La bombe avait éclaté !

« Peine perdue ! Candidature perdue ! » Cela c'est l'affaire de l'Espagne, et si intéressant que soit ce côté

de la question, nous le négligeons de parti pris, tant parce qu'il a été bien étudié par M. Léonardon que parce que le prince Léopold n'a pas régné en Espagne. « Dieu veuille que ce soit tout ! » Gela vise les complications qui peuvent surgir en Europe, ce sera dès le lendemain l'incident franco-allemand.

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