La France et la Prusse, ch. n, p
à se désister, et le Roi avait toujours refusé1. Officiellement, oui; officieusement, il était intervenu et tout l'indiquait, dans ses entretiens ave^ l'ambassadeur. Rapprochez cette attitude du ministre de la lettre de Napoléon III au roi desRelges et jugez. Ou M. deGramont veut ignorer ce que c'est qu'une négociation et que des hommes sensés font des concessions de forme pour avoir satisfaction sur le fond, ou il a en lui, en son pays, une confiance aveugle, et il veut délibérément la guerre.
Quand il sait officiellement que la candidature est retirée, que l'Empereur se réjouit avec M. OUivier, avec le ministre d'Italie M. Nigra, M. de Gramont reçoit M. de Werther, l'ambassadeur de Prusse qui vient de rentrer à Paris. M. de Werther donne de la part de son maître les promesses les plus pacifiques. M. de Gramont réclame des assurances écrites et suggère le texte d'une lettre que le Roi pourrait écrire à l'Empereur2. Voici la note soumise au baron de Werther, le 12 juillet 1870, à trois heures.
En autorisant le prince Léopold de Hohenzollem à accepter la couronne d'Espagne, le Roi ne croyait pas porter atteinte aux intérêts ni à la dignité de la nation française . S. M. s'associe à la renonciation du prince de Hohenzollem et exprime son désir que toute cause de mésintelligence disparaisse désormais entre son gouvernement et celui de l'Empereur.
M. Ollivier qui arrive au quai d'Orsay trouve cette suggestion toute naturelle, et s'y associe. Bismarck en jugeait autrement: « Je voudrais être convaincu,