Empire libéral, XIV, ix, 7, p
d'exact et ce qu'il y avait de faux dans les télégrammes d'agence et dans les communications venues de Berlin.
C'est un bien mince mérite que l'exactitude pour un orateur comme M. OUivier et un grand seigneur comme M. de Gramont. Quand les ministres se décident enfin à communiquer quelques pièces à une Commission du Corps législatif pendant une suspension de séance, ils les montrent rapidement, pêle-mêle, avec une précipitation telle que le rapporteur M. de Talhouët affirmera de bonne foi que dès la première heure la France a demandé formellement à la Prusse de s'associer à la renonciation du prince de Hohenzollern, On aurait réclamé dès le début ce que M. de Gramont n'a exigé que le 12 juillet. Ni lui ni M. Ollivier ne rectifient l'erreur au moment où le rapport est lu en séance publique, et M. de Talhouët, qui la connaîtra plus tard, succombera au chagrin d'avoir inconsciemment énoncé une contre-vérité.
Après nos malheurs, d'anciens amis, devenus des adversaires, accableront les ministres à cette occasion. M. Ollivier qualifie de « lâches imposteurs » ceux qui ont imputé à son collègue et à lui-même une inexactitude volontaire *. M. de Gramont, dédaigneux et froid, parle « d'une erreur manifeste qui ne peut s'attribuer qu'à la rapidité extraordinaire avec laquelle ce rapport a été rédigé2 ». Et ce sont les commissaires qui sont responsables.
Qui donc leur a fait présenter et commenter les textes dont ils prenaient connaissance pour la pre-