‹ L'Incident HohenzollernChapitre 148 sur 159 · Empire libéral, XIV, ix, 8, p · texte numérisé non relu

Empire libéral, XIV, ix, 8, p

n'a su profiter ni de la bonne volonté des neutres ni de leurs conseils et qu'il n'a tenu aucun compte des avertissements transmis par ses agents. Chacun d'eux aurait pu lui écrire, comme le Ministre de France à La Haye1 : a Si tout le monde ici comprend les justes griefs de la France contre les gouvernements de Prusse et d'Espagne, je ne rencontre pas, je ne puis le taire à Votre Excellence, des appréciations aussi favorables sur l'attitude du gouvernement de la France dans la conjoncture présente. »

C'est bien M. de Gramont qui a parlé en matamore au Corps législatif, et son langage a indisposé l'Europe.

Il a trouvé à Londres de bonnes dispositions et il fait état des sympathies du gouvernement britannique qui voudrait prévenir le conflit en faisant disparaître la cause ; il oublie que lord Granville a regretté les intempérances de plume de la Déclaration faite au Corps législatif et l'énergie des propos tenus par M. de Gramont à M. de Werther. Il a fait dire à Saint- Pétersbourg que si la Prusse insiste pour l'avènement du prince de Hohenzollern au trône d'Espagne, c'est la guerre 2. Le prince Gortchakoff se tient sur la réserve, et il ne craint pas de rappeler que l'attitude de la France à l'égard de la Russie n'a pas toujours été sans reproches. Mais le général Fleury a l'oreille du tsar, et l'empereur Alexandre a de fortes raisons de penser que l'affaire n'aboutira pas 3.

L'Italie offre ses bon offices à Madrid et à Berlin et travaille sans arrière-pensée à maintenir la paix. Des

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