Télégramme du 9 juillet, 7 h. 50 soir
nouvelles rassurantes arrivent de Bruxelles, et la cour de Belgique a tout lieu d'espérer une prochaine renonciation du prince de Hohenzollern1.
A Vienne, on n'est pas mal disposé pour la France, mais M. de Gramont n'a pas assez d'égards pour M. de Beust, qui est vaniteux, il est représenté auprès de lui par un agent d'ordre secondaire, M. de Canaux, plus capable de complaire à son chef que de bien servir la France. Vers le 11 juillet, M. de Beust a une explication assez vive avec le chargé d'affaires français. Il se demande si les efforts qu'il a faits à Berlin pour maintenir la paix ne sont pas contrariés à Paris par le ton des discours prononcés par M. de Gramont. Il rappelle un peu durement qu'il n'y a encore aucun traité d'alliance conclu entre la France et l'Autriche et que son maître ne se laisserait pas engager malgré lui dans une guerre européenne2. Il ne s'exprime pas autrement dans une dépêche à Metternich qui est destinée à être lue et même communiquée à l'hôte du quai d'Orsay : « Nous comprenons que le gouvernement français insiste pour qu'il soit tenu compte des intérêts évidents qu'il doit défendre dans cette occasion, mais la modération ne nuira pas à la fermeté de son langage3. »
Des dépêches de ce genre conseilleraient la prudence à l'homme le plus sûr de lui.
Beust n'a jamais varié. Les difficultés de sa politique intérieure, les complications qui pouvaient survenir sur la frontière russe ou en Hongrie l'empêchaient de
i. Bruxelles, 10 juillet.