Id. Lettre particulière du 6 août
vivacité et une sévérité telles qu'un Français hésite presque à en passer l'expression à un étranger, même quand cet étranger ne dit que la vérité, qu'il est un ami de la France et qu'il l'a témoigné dans les jours d'épreuve. Metternich « prenait, et il avait le droit de dire qu'il trouvait pas mal de choses fort mauvaises, précipitées et manquant de plan de conduite et de sang-froid l ». Par une sorte de fatalité, c'est au moment" où il aurait fallu peser chaque parole et chaque démarche que les ministres français allaient de l'avant sans réfléchir, et ce n'est pas sans raison que Metternich qualifiait leurs propos d'exagérations d'illuminés 2.
S'il avait été moins sûr de lui, la correspondance des agents français en Allemagne aurait conduit M. de Gramont aux mêmes conclusions.
De Darmstadt, de Stuttgard arrive un son de cloche favorable ; mais à Darmstadt on voudrait que la presse française fût plus calme. A Dresde, où l'on est mal disposé pour les Hohenzollern, on aurait préféré que les déclarations du gouvernement de l'Empereur ne prissent pas, comme elles l'ontfait, la Prusse à partie.
De Munich, M. de Cadore écrit que, sans être sympathique à la Prusse, — loin de là — M. de Bray ne saurait répondre de ne pas être entraîné3. L'affaire Hohenzollern n'intéresse pas la Bavière, mais elle ne