‹ L'Incident HohenzollernChapitre 154 sur 159 · Lettre du H juillet · texte numérisé non relu

Lettre du H juillet

Mais avait-il daigné lire, quand il faisait circuler sur tous les fils télégraphiques ses nouvelles résolutions, un télégramme très grave de Saint- Vallier, l'avertissant que la Prusse avait signalé un danger de guerre imminent et avisé les États du Sud qu'on leur demanderait peut-être leur concours, et transmettant une requête du ministre wurtembergeois Varnbulher, qui priait la France de restreindre ses exigences, de mettre la sourdine à sa presse et de ne pas exaspérer le patriotisme allemand 4 ?

Cela compte peu. Ce qui compte, ce qui intéresse M. de Gramont, ce qu'il fait annoncer à Londres2, à Saint-Pétersbourg, c'est « que l'animation des esprits est telle qu'il ne saitpas si le gouvernement parviendra à la dominer ». S'agit-il de l'animation de la rue? Mais est-ce dans la rue qu'on déclare la guerre ? Et s'il s'agit de l'animation des esprits au Corps législatif, qui aurait donc osé réclamer une déclaration de guerre, si M. de Gramont avait exposé la situation, l'état de la négociation à Ems et les dispositions des cabinets européens?

M. de Gramont trouve tout naturel d'annoncer à Londres3, à Vienne, à Saint-Pétersbourg que la renonciation n'étant pas adressée directement à la France, il reprend la discussion et s'engage plus avant.

C'est le moment même où lord Loftus, ambassadeur du Royaume-Uni à Berlin, faisait prier M de Gramont par l'intermédiaire de Lesourd de ne pas trop faire

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