‹ L'Incident HohenzollernChapitre 155 sur 159 · Télégramme du 13 juillet, 6 h. soir · texte numérisé non relu

Télégramme du 13 juillet, 6 h. soir

étalage de son succès et d'apaiser l'opinion allemande par des déclarations amicales * .

A Florence, M. Visconti Venosta tenait le même langage, lord Granville s'exprimait dans le même sens à Londres quand il recevait M. de la Valette.

Cadore à Munich, Saint- Vallier à Stuttgard donnent le même avertissement. Saint- Vallier devient pressant. « Toute nouvelle insistance de notre part serait maintenant regardée dans toute l'Allemagne comme une preuve de vues belliqueuses2. » Dans une longue lettre du 15 que Rothan avait en partie publiée et qui mériterait d'être connue tout entière, Saint-Vallier signale toutes les maladresses de notre politique et montre à M. de Gramont qu'il a lui-même retourné toute l'Allemagne contre nous. Ces constatations, celles de Rothan à Hambourg, de Ghâteaurenard à Dresde, impatientaient le duc; elles ne modifiaient pas ses vues, il ne goûtait que la correspondance de M. de Cazaux, secrétaire à Vienne, son homme-lige, de M. de Cadore, un homme de son bord; il s'obstinait dans sa superbe.

A Carlsruhe, à Darmstadt, à Dresde nos agents recueillent et transmettent les mêmes commentaires, les mêmes impressions. Peu importe. L'empereur Alexandre a tenu un langage plutôt sévère au général Fleury. Lui aussi croyait que la solution était acquise et que son intervention y avait contribué; la France n'a plus à compter sur lui.

Il faut marcher, il faut courir.

On dirait que M. de Gramont est aussi pressé que

Page 1