Télégramme du 13 juillet
Bismarck de voir la guerre éclater. Le roi de Prusse ne veut plus recevoir M. Benedetti pour ne pas avoir à discuter les nouvelles exigences de M. de Gramont. Bismarck falsifie le sens d'un rapport à force d'en abréger le texte. M. de Gramont accepte les télégrammes d'agences, les récits transmis par ses agents de Berne et de Munich. Il ne prend la peine ni de vérifier l'exactitude des nouvelles ainsi transmises, ni de faire la critique de ces textes douteux, ni d'interroger Benedetti qui est revenu à Paris ni de le faire interroger par ses collègues ou par les membres de la Commission du Corps législatif : M. de Gramont a tout décidé. Lui seul et c'est assez.
« Toute cette négociation, disait le 15 juillet à Darimon M. Mège, ministre de l'instruction publique, a passé par-dessus la tête du cabinet, et à part M. de Gramont, personne d'entre nous n'a été mis au courant de tous les incidents qui se sont produits. M. Emile Ollivier lui-même n'a pas tout su. Je l'ai entendu se plaindre de ce qu'on se fût livré à certaines démarches sans les lui faire connaître1. »
M. Ollivier a voulu discréditer le témoignage de Darimon et l'a traité de drôle. Mais, lorsque les assertions de Darimon sont d'accord avec tout ce que nous savons par ailleurs, nous les tenons pour exactes. Le témoignage de M. Mège et celui de Darimon sont confirmés par Metternich en ce qui concerne le conseil tenu à Saint-Cloud dans la nuit du 14 au 15 juillet2, et Metternich ne ment pas. Il est certain