‹ L'Incident HohenzollernChapitre 16 sur 159 · Cf. Dépêche du 3 juillet · texte numérisé non relu

Cf. Dépêche du 3 juillet

40 L'INDIDENT HOHENZOLLERN

rément déconcertante pour des négociateurs qui avaient la prétention d'obtenir une réponse ferme et devant qui l'interlocuteur se dérobait sans engager le fer. « Votre Excellence remarquera, télégraphiait Le Sourd, que M. de Thile s'est abstenu d'afûrmer catégoriquement que le Cabinet de Berlin ignorât l'existence de la négociation et son résultat. »

Hélas I M. de Gramont n'est que trop porté à le remarquer et trop peu porté à user lui-même des précautions, des ménagements qu'il recommande à M. Mercier de Lostende.

Il ne veut absolument pas fermer les yeux sur le caractère que l'intervention de la Prusse imprime à cette candidature ; il s'en explique dans les termes les plus formels avec l'ambassadeur de Prusse à Paris, M. de Werther, avant le départ du diplomate allemand pour Ems (4 juillet) et il lui demande d'intervenir auprès du Roi pour empêcher l'affaire d'aboutir ' . Cette démarche était peut-être un peu risquée, les ambassadeurs n'ayant guère l'habitude de rendre compte au Roi que par l'intermédiaire de Bismarck, mais on peut dire aussi qu'elle était justifiée par le refus de Thile, le substitut de Bismarck, de s'expliquer sur une affaire dont le gouvernement prussien n'avait pas officiellement connaissance ; et, puisque M. de Gramont se faisait volontiers l'interprète des Majestés, on peut penser que, chargeant Werther d'une mission auprès du Roi Guillaume, le ministre des Affaires étrangères eût été bien inspiré de faire écrire par son Maître à la Majesté prussienne et de

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