‹ L'Incident HohenzollernChapitre 18 sur 159 · Emp. lib., XIV, m · texte numérisé non relu

Emp. lib., XIV, m

Il est vrai qu'ils avaient les journaux, les dépêches d'agences et les propos de couloirs du Corps législatif. Dans l'après-midi du 5, M. Cocbery avait déposé une demande d'interpellation, après s'être assuré qu'elle serait acceptée par M. Ollivier. M. Cochery avait été en cette occasion le porte-paroles de M. Thiers qui considérait que l'intervention du Corps législatif était utile pour amortir le choc et pour ramener le Ministère à des sentiments plus calmes *. On peut se demander si Thiers a été bien inspiré en cette circonstance, et s'il n'eut pas dû prévoir, avec la connaissance qu'il avait des assemblées, que le Corps législatif entraînerait le ministre, au lieu de le modérer, et que son intervention aurait pour effet de précipiter la crise. M. de Gramont n'était pas loin de penser que l'interpellation était « prématurée et intempestive au point de vue politique2 ». Quant à M. Ollivier, qui juge d'ordinaire sévèrement ceux qui ne sont pas ses amis du premier degré — et ni M. Thiers, ni Cochery n'étaient de ceux-là — il était pour une fois plus que satisfait de leur attitude. « La conduite de Cochery a été irréprochable et il n'est ni de loin ni de près responsable de la guerre. Son interpellation ne révélait pas un fait ignoré ; elle était le témoignage et la conséquence, non la cause de l'émotion publique ; il était impossible que le Parlement

Page 1