‹ L'Incident HohenzollernChapitre 20 sur 159 · Ibid., XIV, ni, p · texte numérisé non relu

Ibid., XIV, ni, p

mettre la main dans la main de qui aurait consenti à nous la tendre. La prudence et la modération eussent été peut-être le meilleur moyen de nous assurer à l'heure du péril les concours que nous ne nous étions pas ménagés auparavant. La délibération fut surtout consacrée à la discussion el à la rectification de la déclaration que M. de Gramont avait préparée; l'Empereur, M. Emile Ollivier mirent la main à la pâte, la discussion fut très vive ; mais quel succès au Corps législatif pour le texte éloquent, pour les fanfares guerrières, pour ces coups de clairon, pour ces phrases vibrantes qui sentaient déjà la poudre ! « Nous ne croyons pas que le respect des droits d'un peuple voisin nous oblige à souffrir qu'une puissance étrangère, en plaçant un de ses princes sur le trône de Charles-Quint, puisse déranger, à notre détriment, l'équilibre actuel des forces en Europe, et mettre en péril les intérêts et l'honneur de la France. » {Vifs applaudissements.) « Cette éventualité, nous en avons le ferme espoir, ne se réalisera pas. Pour l'empêcher, nous comptons à la fois sur la sagesse du peuple allemand et sur l'amitié du peuple espagnol. S'il en était autrement, forts de votre appui, Messieurs, et de celui de la Nation, nous saurions remplir notre devoir sans hésitation et sans faiblesse. » {Longs applaudissements — acclamations répétées.) Les acclamations, dit M. Ollivier, accompagnèrent Gramont jusqu'à son banc2. Nul ne doutera que Tartarin n'en ait provoqué d'aussi chaudes, lorsqu'il en fit la lecture au cercle de Tarascon.

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