‹ L'Incident HohenzollernChapitre 21 sur 159 · Id., iii,5, p · texte numérisé non relu

Id., iii,5, p

C'est le manifeste d'un gouvernement sûr de lui, qui sent qu'il est en mesure de faire la guerre avec toutes les chances possibles de succès et qui, loin de la redouter, la verrait éclater sans déplaisir. M. Ollivier qui en laisse modestement la paternité à M. de Gramont, mais qui avait cependant le droit de dire : Pars magna fui, en jugeait autrement. « Cette déclaration est irréprochable, et je la relis, après tant d'années avec satisfaction. » Elle avait cependant provoqué quelques protestations et assez judicieuses. Malgré l'enthousiasme de la majorité, Glais-Bizoin s'écria : « C'est une déclaration de guerre 1 — C'est la guerre déclarée, reprit Crémieux. » M. Ollivier se défendit de son mieux; ce qu'il dit de plus raisonnable c'est ceci : « Mon opinion est que le gouvernement emploie le seul moyen qui reste de consolider la paix; car chaque fois que la France se montre ferme sans exagération, dans la défense d'un droit légitime, elle est sûre d'obtenir l'appui et l'approbation de l'Europe '. »

Lui-même avait été effrayé de l'effet qu'avait produit le texte enflammé du Ministère et qu'il n'avait pas prévu lorsqu'il s'était laissé bercer le matin à Saint- Cloud par la cadence des phrases et la sonorité des mots. Au sortir de la séance, il adressait à l'Empereur un télégramme confidentiel2. « La déclaration a été reçue par la Chambre avec émotion et immenses applaudissements. Le mouvement, au premier moment, a dépassé le but. On eût dit que c'était une déclaration de guerre. J'ai profité d'une intervention de Crémieux pour rétablir la situation. » Donc le

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