‹ L'Incident HohenzollernChapitre 22 sur 159 · Id., ibid.,XlW, ni, p · texte numérisé non relu

Id., ibid.,XlW, ni, p

6 juillet, M. Ollivier avait compris après coup, et c'est cette impression qui vaut, quoi qu'il puisse écrire après tant d'années en 1909. Ce qu'on lut et commenta le lendemain, dans tous les milieux où l'on cherchait à démêler la pensée du gouvernement français, ce ne fut pas la réplique à Crémieux, mais le texte officiel du ministère, et c'est une assertion un peu risquée que celle-ci : « La déclaration que la France accueillait dans une immense majorité par une adhésion passionnée — donc peu raisonnée, sinon déraisonnable — ne suscita en Europe ni surprise, ni révolte, à l'exception de quelques diplomates timorés qu'effraie tout ce qui s'élève au-dessus de leur caquetage habituel ' ! » Faudrait-il tant de mots et si violents et si bizarres pour justifier une manifestation qui se défendrait d'elle-même, et, timorés ou non, l'adhésion des diplomates européens dans la crise que traversait la France n'était-elle pas d'un prix infiniment supérieur à celle des têtes chaudes et des mégalomanes du Corps législatif?

M. Ollivier s'exprimerait-il ainsi en 1909, si M. de Gramont lui avait communiqué en 1870 le courrier du quai d'Orsay? s'il avait vu dans la correspondance de M. de Cazaux, chargé d'affaires à Vienne, pourtant si soucieux de complaire à son ministre, cet extrait de la Nouvelle Presse Libre : « Le langage des journaux inspirés par le gouvernement français doit nous paraître extrêmement maladroit2 »; s'il avait vu cette

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