Dépêche du 7 juillet
il n'a pas caché que, si nous avions raison dans le fond, dans la forme, nous nous donnions tous les torts. Cette franchise pouvait être désagréable à M. de Gramont, M. OUivier y a vu plus tard de l'égoïsme et de la tiédeur. Tous les gouvernements étaient du même avis que le Cabinet de Saint-James.
De même, malgré les arguments que les ministres de 1870 et leurs apologistes ont tirés des encouragements à eux donnés par la presse française et de son excitation, il y avait à Paris des publicistes qui ne pensaient pas autrement que les gouvernements étrangers et qui avaient le courage de le dire. Dans un article déjà cité et qui paraissait le jour même où M. de Gramont brandissait ses foudres à la tribune du Palais-Bourbon, John Lemoinne, parlant de l'irritation où le projet hispano-prussien paraissait jeter le monde politique, écrivait : « Nous la trouvons d'abord prématurée parce que rien n'est fait, et parce qu'il est possible que rien ne se fasse. »
Avant de parler, de menacer, il eût valu la peine de réfléchir et de se demander si des princes étrangers n'avaient pas déjà posé quelque candidature à un trône vacant, et si des puissances intéressées n'avaient pas été admises à faire valoir leurs droits ou à présenter des réclamations. « C'est ce que nous examinâmes, Gramont et moi, dit M. Ollivier, en quelques heures qui équivalaient, par l'intensité de notre travail, à de longues journées ' . »
Il y avait longtemps qu'on se serait livré à cet examen aux Affaires étrangères, si l'on avait lu d'un