‹ L'Incident HohenzollernChapitre 31 sur 159 · Gramont, La France et la Prusse, VI, p · texte numérisé non relu

Gramont, La France et la Prusse, VI, p

honnêtes gens qui auraient eu ce texte sous les yeux, le Garde des Sceaux poussa un soupir de soulagement et se réjouit sans arrière-pensée: « Je crus alors tout sauvé, et telle fut ma joie de la paix ressaisie, telles mes craintes de la perdre de nouveau que toutes les dispositions de combativité auxquelles j'avais fini par me résigner fondaient sous la chaleur de la nouvelle inespérée. Il n'y avait plus à se montrer raide, mais accommodant, facile, et à consolider le résultat obtenu au lieu de le compromettre. L'affaire était sûrement finie si nous ne commettions aucune imprudence, et j'en étais si heureux que, par moments, je ne pouvais pas y croire1. » Voilà certes l'expression de la vérité ; on peut discuter sur la date d'une décision prise, sur un geste fait par tel ou tel collaborateur; on n'oublie pas une minute où, après six jours d'angoisses patriotiques, on touche à la solution d'une crise et où l'on croit tenir la paix. Au Palais-Bourbon, M. Ollivier tombe sur Olozaga qui lui met sous les yeux le texte authentique de la dépêche. Les députés, les journalistes, qui ont assisté de loin au colloque et qui ont vu le geste, entourent le Garde des Sceaux, et l'interrogent, il n'a aucune raison de leur cacher la nouvelle. Il a le bon esprit d'engager le rédacteur en chef de la Liberté, Léonce Détroyat, à refuser l'insertion des articles de son oncle, Emile de Girardin, qui poussait inconsidérément à la guerre ; il n'a pas le courage de relever vertement le malfaisant aventurier, Clément Duvernois, qui prend la parole au moment où M. Emile Ollivier entre dans la salle

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