De Gramont, La France, vi, p
ne mettrait pas fin à ce dissentiment, et qu'il écrivit tout de suite ce que M. Ollivier appelle une note ad memoriam dont il remit la copie à M. de Werther.
On peut juger de la valeur de cette idée par l'effet qu'elle produisit à Berlin et à Ems, aussitôt que M. de Werther eût télégraphié son rapport. Le 13 juillet Bismarck donne l'ordre à Abeken de n'en pas faire de rapport au Roi. Des ouvertures de ce genre, dit-il à Werther, me paraissent inacceptables, et, le cas échéant, je refuserais en ma qualité de ministre responsable, de les soumettre au Roi dans un rapport officiel '. Abeken et les autres agents de liaison, présents à Ems, refusent en effet de les communiquer officiellement au Roi, mais en des termes et avec des restrictions qui font désirer à Guillaume Ier de les connaître. On le met au courant, et tout de suite, il déclare : Il est nécessaire de télégraphier à Werther que je suis indigné de la suggestion de M. de Gramont et d'Ollivier et que je me réserve d'y donner suite 2.
Il n'était pas besoin d'être grand clerc pour s'attendre à un résultat de ce genre. M. de Gramont n'aurait pu se flatter de faire accepter cette suggestion singulière que s'il avait demandé à son souverain d'écrire d'abord au roi de Prusse quelques mots obligeants auxquels le destinataire eût répondu de même encre.
C'est à quoi ne songèrent ni M. de Gramont, ni M. Ollivier qui, arrivant au quai d'Orsay, à trois heures et demie, entra en tiers dans l'entretien et malheu-