‹ L'Incident HohenzollernChapitre 38 sur 159 · Id., 514. Textes du 13 juillet · texte numérisé non relu

Id., 514. Textes du 13 juillet

reusement aussi dans les vues de M. de Gramont. M. Ollivier affirme à la vérité que « l'entretien changea de nature. Il cessa d'être officiel, comme il l'avait été jusque-là, et devint une de ces conversations libres que les hommes politiques ont entre eux, quand ils sont en dehors de leur rôle officiel, dans lesquelles on échange des idées sans s'engager soi-même et à plus forte raison son gouvernement'. Le malheur est que ni M. de Werther, le 12 juillet 1870, ni M. de Gramont ne paraissent s'être aperçus que l'entretien avait changé de caractère, comme croyait se le rappeler M. Ollivier en 1909, et que lui-même a dit ailleurs : « Entre agents diplomatiques et ministres étrangers, tout est officiel. Il ne peut y avoir d'officieux que des conversations, lorsque chacun d'eux, ayant préalablement dépouillé son caractère diplomatique, ils échangent librement leurs idées sans engager leur gouvernement ni eux-mêmes. » S'il en avait été ainsi, Werther n'eût pas manqué de le dire expressément dans son rapport et n'aurait pas été rappelé brutalement pour avoir toléré qu'on fît devant lui des suggestions blessantes pour le Roi.

Quant à ces suggestions mêmes, un des historiens qui connaissent le mieux les rapports de la Prusse et de la France, M. Muret, croit qu'elles répondent à un plan de conduite que s'est tracé M. de Gramont. Elles répondent tout au moins à l'obstination aveG laquelle, au lieu de chercher à maintenir la paix 2, il poursuivait un succès diplomatique personnel. M. Muret n'est

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