‹ L'Incident HohenzollernChapitre 4 sur 159 · Emp. lib., XIV» vol., p. 606 et sq · texte numérisé non relu

Emp. lib., XIV» vol., p. 606 et sq

dait encore la même attitude dans une autre lettre « afin d'empêcher le vilain spectacle de ministres vaincus qui se déchirent entre eux ».

Cette attitude n'était ni sans dignité ni sans noblesse ; elle ne prouve pas — loin de là — que tous les ministres avaient été d'accord entre eux, en juillet 1870. Combien il serait à désirer que les familles de MM. Plichon de Parieu, Segris ou Louvet, publient leurs souvenirs, s'ils en ont écrit, ou tout au moins, leurs correspondances ! M. de Lagorce, un des historiens les plus impartiaux et les plus autorisés du Second Empire, a eu à sa disposition les papiers de M. Louvet. Il y a certainement d'autres témoignages inédits, les hommes de ce temps avaient conservé l'habitude du livre de raison, ils notaient volontiers, le soir, sur un carnet, ce qu'ils avaient vu, entendu, ou fait d'important dans la journée.

Les événements de 1870 sont maintenant de l'histoire, ils ont trop pesé sur la France, pour que nous ne désirions pas les connaître à 'fond, ils sont assez éloignés de nous pour que nous cherchions à les apprécier avec impartialité.

C'est ce que ne fait pas toujours M. Ollivier. Il se persuadait, et il avait tort, que tous les reproches qu'on pouvait lui adresser étaient mal fondés, parce qu'on ne les lui adressait qu'à raison de la

défaite, et que le grief serait fatalement devenu un éloge, si la France avait été victorieuse en

M. Ollivier récuse tous les témoignages qui ne concordent pas avec le sien, sous prétexte qu'ils émanent de ses adversaires, quelquefois d'anciens amis politiques devenus ses ennemis. C'est ainsi qu'il prétend infirmer toutes les assertions de Darimon, qui, après avoir été, comme lui, l'un des Cinq et s'être, comme lui, rapproché de l'Empire, n'avait pas, comme lui, rompu avec Routier1. Nous ne sommes pas obligés d'admettre que les Notes pour servir à l'histoire de la guerre de 1870* ont été « toujours rédigées par un imbécile ou par un drôle ». Nous en contrôlerons l'exactitude, nous ne les rejetterons pas de parti pris.

M. Ollivier est trop ardent. Une déclaration de Thiers n'est-elle pas conforme à des souvenirs que l'auteur de Y Empire libéral croit, de bonne foi, très précis, il ne discute pas, ou il discute mal, en citant des témoignages contradictoires, mais il affirme : « Naturellement Thiers a grossièrement travesti ce fait très simple, de même qu'il a travesti tous les faits relatifs à la guerre,

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